Démocratie minoritaire et logiques managériales

En préparant la conférence que j’animerai ce samedi à Alès à l’invitation de Christophe Gache et du Mouvement des citoyens du Gard autour de mon livre L’impératif démocratique, j’actualise mes données. Je reviendrai bien sûr à cette occasion sur la manière dont le référendum contre la privatisation d’Aéroport de Paris peut marquer une étape de reconquête populaire de notre souveraineté. Mais je constate aussi en parallèle qu’au lendemain des européennes, l’entrée dans l’ère de ce que j’appelle dans mon livre la démocratie minoritaire est désormais assumée en tant que telle à travers l’Europe. Au point d’opérer une jonction jusque dans les termes entre la pratique électorale et la gestion managériale du capitalisme financiarisé. Lire la suite

ADP : le référendum vers un horizon démocratique

Je participais hier soir à la soirée de lancement de la mobilisation citoyenne pour obtenir un référendum contre la privatisation d’aéroport de Paris. Cette tâche décisive qui débutera ce jeudi 13 juin doit nous occuper pour les 9 mois à venir. Et pour la mener à bon port, il nous faut, comme en 2005 à l’époque du Traité constitutionnel européen, initier partout une campagne qui s’adresse au citoyen qui est en chacun de nous. C’est par la force de la raison que nous pourrons propager une dynamique populaire qui dessinera demain un tableau démocratique où l’intérêt général aura recommencé à faire valoir ses droits. Que la campagne commence ! Lire la suite

Décomposition – refondation

L’onde de choc des européennes n’en finit plus de résonner. L’heure de découvrir pour les uns que les élections de 2017 et le remodelage de la cartographie politique n’étaient pas un épiphénomène. L’heure de le confirmer pour d’autres. Toujours est-il que nous ne sommes encore qu’à l’orée d’une séquence nouvelle et longue qui va structurer le champ politique. Au milieu du marasme affleure un élément d’espoir : une place reste à prendre dans ce paysage. Lire la suite

Changement de marée

Tribune publiée lundi 27 mai dans Marianne, ici en version augmentée

C’est souvent un bruit sourd. Puis de forts remous. Et la marée tourne. Le processus destituant qui se prolonge et continue à tout emporter. Les vieux partis, comme les nouveaux qui ont fait le choix de s’institutionnaliser. Ne subsiste plus dans ce paysage d’un côté qu’un président qui a fait le choix de cliver la société pour pouvoir gouverner de manière minoritaire, et de l’autre la force qui accepte d’être l’expression de ce dégagisme pour mieux porter sa vision identitaire des choses. Mais cette fois, une bascule s’opère : émerge en contrepoint l’esquisse du processus constituant. Le mouvement des Gilets jaunes a commencé à redonner le goût du politique au pays. L’intérêt pour la chose publique, revigoré ces six derniers mois, s’est traduit par un regain de participation. Limité certes. Mais la courbe s’est inversée. Alors certes le reflux prendra du temps. Mais la marée tourne. Lire la suite