Cambadélis ou le Péril vieux

CambadélisJean-Christophe Cambadélis ne sait décidément rien faire d’autre : la politique à l’ancienne, avec ses fausses queues et ses coups de billard à trois bandes. Voilà donc que le premier secrétaire du PS vient de se fendre d’une adresse épistolaire à Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron pour les enjoindre de rejoindre la primaire du PS. Qui ne voit la manœuvre grossière pour essayer de rejeter sur eux l’échec programmé du Kho-Lanta gouvernemental et la débandade annoncée du candidat solférinien qui en sera issu ? A avoir tué le fond, le PS en est réduit à chercher à préserver les formes.

Jean-Christophe Cambadélis a donc pris sa plus belle plume pour s’adresser, d’un vulgaire copier-coller, à Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Peu lui importe que l’un ait été l’artisan en coulisses puis le dépositaire en public de la politique gouvernementale, tandis que l’autre aura été tout le long du quinquennat  l’opposant le plus résolu à celle-ci. A dire vrai, la négation des engagements respectifs est la base même du guet-apens tendu par Jean-Christophe Cambadélis.

Préférant les postures aux disputes politiques, Jean-Christophe Cambadélis ne prend pas même la peine de faire le distinguo dans ses courriers, proposant aux deux parties de se ranger ensemble dans « le camp du progrès »…feignant de ne pas voir qu’il reprend là le marketing d’Emmanuel Macron qui se réclame d’un partage du monde entre progressistes et conservateurs. Si la compatibilité solférino-macronniste saute aux yeux, il s’en faut de beaucoup que l’engagement de Jean-Luc Mélenchon et de la France Insoumise puisse se réduire à cette définition, le progressisme pouvant très bien se soustraire à la nécessité d’une politique sociale ambitieuse et conférer à la liberté d’entreprendre une primauté refusée à la redistribution des richesses. Emmanuel Macron est d’ailleurs là pour le prouver.

Jean-Christophe Cambadélis, c’est un peu Ptolémée précipité au temps de Copernic, l’ouverture d’esprit en moins : le PS a depuis longtemps perdu sa centralité qu’il faudrait encore selon lui que les positionnements des uns et des autres s’effectuent en référence à celui-ci. Cela le conduit à pareillement nier Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron dans leurs engagements respectifs et à les rejeter dans une même extériorité au PS qui porterait stigmate.

Et à l’arrogance de celui qui ne veut pas entendre, Jean-Christophe Cambadélis ajoute le mépris en instillant l’idée que ce sont leurs candidatures qui ouvriraient la porte à la droite et à son extrême-droite. « De la même façon tu dois reconnaître une chose : si tu pars seul et si Emmanuel Macron (respectivement Jean-Luc Mélenchon) part aussi de son côté, alors les droites peuvent dormir tranquilles, le second tour de la présidentielle leur est déjà ouvert voire offert ». Bel artifice pour exonérer de toute responsabilité le gouvernement et ceux qui lui ont parlé à l’oreille pendant 5 ans. Jean-Christophe Cambadélis préfère à dessein confondre dividende et diviseur, et scander comme un cabri « Unité, unité, unité », fût-elle vide de sens et de contenus, pour mieux essayer de rejeter le mistigri de la division sur les autres. Mais le reste est nul.

Il faut dire que Jean-Christophe ne semble pas bien savoir lui-même quel but il veut atteindre. Un coup il développe pour expliquer que « le seul moyen de conjurer cette situation est de battre Marine Le Pen dès le 1er tour en mettant la gauche au second tour face à François Fillon », avant de considérer dès le paragraphe suivant que « la bonne stratégie devrait être de finir devant un candidat de droite pour aller au second tour et pour gagner ». Une stratégie pour le moins flottante…

Finalement, Jean-Christophe Cambadélis est resté ce post soixante-huitard du Péril Jeune de Klapisch, ânonnant d’un même mouvement : « Regroupez-vous ! Dispersez-vous ! ». La preuve : alors même qu’il appelait Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon à rejoindre la primaire, Jean-Christophe Cambadélis excluait de la primaire ceux qu’ils considèrent être des candidats de témoignage, Bastien Faudot et le MRC, Pierre Larrouturou et Nouvelle Donne, et même Sébastien Nadot et le Mouvement des progressistes de Robert Hue ; Allons Jean-Christophe, le mouvement des progressistes, c’est bien dans la ligne pourtant tout ça ! Mais surtout, quelle logique y-a-t-il à aller solliciter ceux qui ont affirmé, démonstration à l’appui, qu’ils ne souhaitaient pas participer à la primaire, et en exclure celles et ceux qui voudraient en être ?

 Il est trop tard pour Jean-Christophe Cambadélis de disserter sur l’héliocentrisme. Le PS est un astre mort et la primaire est son trou noir.

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s