François Cocq

Elections territoriale et municipales partielles : le vieux monde meurt de mort lente, le faux-jeune le rejoint

Trois élections partielles ce dimanche : les élections territoriales en Corse, le 1er tour de municipales à Orthez (64) et le 2nd à Saint-Sulpice (81).  Si les contextes locaux et la dimension d’élections « partielles » doivent être intégrés, l’enseignement majeur demeure que le mouvement de fond qui frappe l’ancien monde de mort lente se voit complété par l’étiolement brutal du faux jeune.

Trois enseignements peuvent être tirés de ces élections : 1) la droite est à terre 2) LREM s’effondre 3) Le PCF, même sans une candidature FI en face de lui, disparaît des écrans radars.

En Corse, LREM a divisé par deux son score par rapport aux législatives d’il y a tout juste 6 mois. Là où le parti de M. Macron obtenait 22,68 % des voix sur l’Île de Beauté, il chute aux alentours de 12 % (en attente des résultats définitifs). Pendant ce temps, le FN reste électoralement résiduel (3%) et les magouilles du PCF et des usurpateurs qui voulaient s’arroger l’étiquette LFI en sont pour leurs frais : les tripatouillages sont révolus, ainsi en décident les électrices et les électeurs : la liste conduite par Casamarta recueille à peine 5, 7 % des suffrages, loin des 7% nécessaires pour se maintenir au second tour, et très en deçà de l’addition des votes PCF et LFI aux législatives. . Comme dans le même temps la droite n’en profite pas, ce sont les listes autonomistes et indépendantistes qui tirent leur épingle du jeu en agrégeant parallèlement les votes revendicatifs et le ras-le-bol dégagiste. Après l’élection de trois députés autonomistes sur quatre en juin, la nécessité du dialogue constructif s’impose pour une Corse dans la République.

Dans le Tarn, à Saint-Sulpice, si le candidat soutenu par LREM s’impose, il le fait dans la douleur, ne recueillant au second tour que 45 % des voix. Là où la liste soutenue par La France Insoumise gagne 50% des suffrages en passant de 25,8% à 37,4% entre le 1er et le 2nd tour, le candidat LREM qui avait obtenu près de 33% des voix au 1er tour plafonne. En tout état de cause, c’est le PS qui est balayé dans un de ses bastions, la maire sortante ayant dû renoncer à se présenter durant l’entre-deux- tours après le désaveu reçu il y a une semaine.

A Orthez enfin, terre socialiste, le sortant PS est battu au premier tour par quelqu’un de la maison. LREM fait un maigre 11,6 % là où au mois de juin son candidat arrivait en tête en faisant…trois fois mieux ! Quant aux PCF, allié au POID, avec 7 % il retrouve le score du seul POI en 2014. Décidément, les additions et le PCF…

Dans les trois cas, la droite est en déroute et ne parvient pas à reprendre pied électoralement. En Corse deux listes se partagent à peine un quart des suffrages. A Orthez elle est désintégrée. Quant à Saint-Sulpice, la liste dite « d’intérêts locaux » (hum) a au final surtout servi ceux du candidat macroniste.

Partout l’abstention a été démesurée. En Corse elle atteint son plus haut pour des élections territoriales ou régionales : près de 47 % là où elle était encore de 40 % en 2014, de 30 % au tournant des années 2000 et autour de 20 % dix ans auparavant. A Saint-Sulpice comme à Orthez, près d’un électeur sur deux ne s’est pas déplacé.

Partout l’ancien monde se meurt, mais de mort lente. Quant à ceux, pressés, qui ont biaisé pour prendre le relais, ils peinent à construire des majorités quand ils ne sont pas tout simplement sanctionnés pour la politique conduite par M. Macron.

Les élections partielles ne sont plus des situations figées comme autrefois où la prime allait aux plus conservateurs. Le dégagisme s’y exprime là aussi et elles participent de ce mouvement de crédibilisation nécessaire aux victoires futures. La France Insoumise doit en tirer enseignement comme le confirme le beau résultat rencontré à Saint-Sulpice avec une accession au second tour devant la sortante socialiste et avec une capacité d’élargissement démontrée ce dimanche. Les démonstrations politiques locales, pour peu qu’elles soient claires et cohérentes dans un cadre national, sous l’étiquette France Insoumise et hors les tripatouillages et autres additions de sigles qui partout soustraient, sont le meilleur gage pour affermir le franchissement de seuil qui demain permettra de gouverner.