Partielles : guerre des droites et force populaire utile

La guerre des droites est engagée. Et M. Macron est en train de la perdre. Les deux élections législatives partielles du jour marquent en effet un recul sévère des candidats de la majorité présidentielle pourchassés par ceux de LR dans un océan d’abstention. Dans ce paysage politique ravagé dont disparaît désormais aussi le FN, La France Insoumise s’est hissée dans chaque cas à la troisième place dans des circonscriptions qui ne lui étaient pas favorables. Elle reste seule à faire face à ceux-là et demeure l’ultime force populaire utile. 

A Belfort, le candidat LREM perd 45 % de ses voix (-3300) et plus de 5 points. Là où il se trouvait en tête en juin avec 31,83 % des voix, avant de pourtant s’incliner au second tour, il n’en recueille déjà plus que 26,5 % sept mois plus tard. Il est doublé par son adversaire LR qui retrouve lui ses voix de la législative (-170 voix seulement) et grimpe à 38,8 %.

La France insoumise résiste à Belfort et retrouve à peu de choses près son score des législatives avec 11,5 % (contre 12, 17 % en juin dernier). Cela lui permet dans ce contexte de se hisser à la troisième place devant le FN. Le FN, qui recueillait en juin 17,5% des suffrages exprimés après être arrivé en tête avec 28,37 % lors de la présidentielle, s’effondre. Il culmine cette voix à 7,4 % quand les Patriotes de Florian Phillipot, avec pourtant la n°2 du mouvement Sophie Montel, n’en tirent pas bénéfice avec à peine 2,6 % des suffrages.

Le reste, en devenant résiduel, devient anecdotique. Le PS disparaît. A Belfort, il plafonne à 2,6 %. Les 5,54 % recueillis par Benoît Hamon à la présidentielle se répartissent ainsi quasi parfaitement entre les deux courants qui avaient soutenu cette candidature, PS et EELV. Mais ironie de l’histoire, c’est EELV avec pourtant seulement 4,4% qui est parti avec les clés.

Dans le Val d’Oise, les tendances sont les mêmes. Le candidat LREM qui réalisait près de 36% en juin est durement sanctionné et se retrouve en deçà des 30 % à 29,28 %. Le candidat LR progresse d’autant (de 17,75% à 23,67%). On le voit, l’électorat de M. Macron apparaît pour ce qu’il est : extrêmement volatile.

La candidate France insoumise parvient là aussi au 3ème rang avec 11,5%, en augmentant son score de juin pour passer le FN. Et ce malgré une candidature PCF qui il est vrai n’a recueilli que moins de 2% des suffrages. Le PS reste lui scotché au score de son candidat à la présidentielle (6,8%).

Le FN subit le même choc que l’ensemble des vieux partis : après ses 22,16 % sur cette circonscription à la présidentielle, ses15,31 % à la législative de juin 2017, il passe tout juste la barre des 10 % (10,1%).

La participation à ces partielles s’est avérée très faible : à Belfort comme dans le Val-d’Oise, moins d’un électeur sur trois s’est déplacé (69 % d’abstention dans le 90, 71% dans le 95). On retrouve les étiages de participation aux partielles connues sous François Hollande. Mais là où de tels scores de participation étaient enregistrés trois ans après l’élection, c’est quasi instantanément le cas sous l’ère Macron.  Là où M. Macron promettait par son action de redonner le goût de la politique, ces premières partielles viennent au contraire confirmer qu’il suscite comme les autres désenchantement et résignation, même les candidats arrivés en tête n’ayant reçu l’onction que de moins de 10% des inscrits. M. Macron use la démocratie plus vite encore que ses prédécesseurs !

En feignant de dépasser les clivages alors même qu’il appliquait une politique de la droite libérale orthodoxe, M. Macron n’aura au final servi qu’à droitiser encore un peu plus le pays. Il n’est un recours ni pour la gauche, on l’a vu dans sa politique, ni pour la droite, qui revient au bercail. Il ne l’est pas plus pour celles et ceux qui ne se reconnaissent pas dans ce clivage et il l’est de moins en moins pour tous ceux qu’il fait fuir des isoloirs .

Quant à LFI, elle est la seule force populaire utile qui subsiste alors même que les scrutins du jour ne lui étaient pas favorables. Elle devra tirer enseignement des profils divers de ses candidatures lors de ces partielles. Là où à Belfort LFI avait reçu le soutien du PCF et du MRC qui ont estampillé leur campagne sur le rassemblement de la gauche, entraînant sans doute la confusion dans les esprits de nombre de citoyens, elle s’est maintenue ce qui n’est pas rien. Mais il est clair que l’addition ne s’est pas faite. Par contre dans le Val-d’Oise, avec une candidature plus offensive et assumée, LFI a poursuivi sa progression et son enracinement, notamment là où elle a su déployer son action militante comme à Beaumont où elle augmente son score de près de 50% par rapport à juin dernier, ou à Persan où elle se hisse même en tête passant de 12 % à 22 % !

Le paysage s’éclaircit quand il se décante. Les partielles à venir, notamment en Haute-Garonne et en Guyane, devraient apporter des éléments de confirmation de cette recomposition qui laisse apparaître, face aux frères siamois de la droite LR et LREM, la France insoumise en ultime force populaire utile.

7 commentaires sur “Partielles : guerre des droites et force populaire utile

  1. JeanLouis dit :

    Oui peut être pour la FI mais il est quand même désolant de voir que les français n’ont toujours rien compris à l’inefficacité et aux injustices énormes que procurent ces politiques qu’elles viennent de LREM ou des LR. Je n’arrive pas à comprendre malgré les battages médiatiques permanents en leur faveur que Macron ou les politiques de droite ne soient pas plus désavouées. Il y quand même un problème d’éducation politique des masses dans notre pays !!!

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  2. BUD BUTLEY dit :

    J’aime bien ces résultats, c’est Macron contre Macron. Il faut surveiller le comptage de très près, ce panier à crabes, ils peuvent à force de tricher, finir avec plus de votants que la circonscription. Compter les entrées et les départs…

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  3. henthouarn dit :

    Les « résultats » du Val d’Oise et de Belfort attestent de la mainmise des Puissants (les très très riches: 0,01% de la population) sur les processus électoraux. Comment expliquer autrement de tels scores avec seulement 30% d’exprimés? Les Français des classes populaires et moyennes ne sont pas si bêtes et la soi-disant « droitisation du pays » est un fantasme. Ou un rêve de certains qui le prennent pour une réalité ??

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  4. […] ont déjà livré une analyse très complète des résultats, je vous y renvoie. Dans ces deux circonscriptions de droite, les candidats du gouvernement […]

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  5. carpou dit :

    Bonjour,

    Je suis – encore – insoumis et j’ai participé à ce show médiatique que fut la convention de Clermont. Je n’ai jamais eu de responsabilité – activité permanente – dans un parti ou dans une organisation syndicale mais j’ai participé à de nombreuses batailles au cours de ma vie.

    Il est possible de détailler à l’infini le résultat de ces partielles. Seuls à mes yeux 2 enseignements doivent être médités :

    – Entre 70 et 80 % d’abstention. Parler de pourcentages exprimés perd une grande partie de sons sens.
    – La FI n’est pas arrivée à convaincre en 2017. Elle n’y arrive toujours pas. Pire, elle perd près de la moitié de ses voix dans les 2 cas.

    Parler des « vieux » partis, ou du vieux monde en général ne fait pas avancer les choses, au contraire, cela contribue selon moi à éloigner une partie d’entre nous du mouvement.

    Ne faut il pas rendre l’avenir en commun plus lisible sans avoir peur de l’épouvantail FN, en disant clairement ce que l’Europe est, une construction du capitalisme ? Ne faut il pas rompre clairement avec le capitalisme en encadrant réellement le revenu de l’argent (au même niveau que le livret A par exemple) en particulier dans les domaines vitaux comme la santé, l’éducation, l’énergie, les transports, … ?

    Plutôt que de pointer l’échec des syndicats ou de prôner des méthodes dignes du management dans les multinationales peut-être suffit il simplement de continuer à faire campagne sans candidat.

    Plutôt que de nous mentir sur l’influence et les effectifs de la FI, peut-être faut il s’appuyer sur les énergies restantes plutôt que de les considérer comme des bras. avant qu’elles ne dissipent dans le brouillard de l’entre 2 élections.

    Bien insoumisement
    Patrice CARPOURAM
    pca.mfo@free.fr
    https://tamaloussite.wordpress.com/

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  6. anassi BACAR dit :

    Insoumis toujours, bonjour!
    Il est intéressant de voir la première phase du résultat du travail de LFI qui est d’amener le mouvement populaire à l’arrêt. La deuxième phase phase est le fruit des efforts menés tant à l’Assemblée que dans la société, on aura un aperçu plus clair de LFI lors des municipaux de 2020, avec deux indicateurs principaux: taux d’abstention et l’intensité de la présence de LFI.
    Le taux d’abstention se verra à la baisse et La France Insoumise sera très visible dans les municipalités et les régions car LFI n’a pas provoqué l’abstention, elle a contribué par ses nombreux travaux de prévention et de prise de conscience. Tous les jours, la liste des insoumis est alimentée par des nouvelles adhésions.
    Cette troisième place n’est que la partie émergée de l’ice-berg. Surtout, ne soyons pas trop excités des résultats des prochaines partielles, restons modestes.
    Ici, à l’Autre-Mer, la politique n’est pas une conviction pour la plupart de mes frères, c’est la part de gain qui les font avancer, ils peuvent les poils de chatte d’une mère au marché noir pour deux sous.
    Ils ont trop menti et ont fait trop de maux à l’intérêt général sous l’œil complice de l’Etat. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui se sont rendus compte mais ils ont peur car les postes qu’ils occupent et la promesse de carrière sont directement liés à ce mensonge. Je ne leur en veux pas, tant qu’on n’aura pas une force comme celle du peuple à la commande ou une nouvelle république basée sur des rapports positifs Social-Capital ou une nouvelle république. A l’Autre-Mer, on risque de se trouver la M.
    C’est pour dire que ce n’est pas parce que je suis socialement isolé, le sifflet et le tambour confisqué que LFI ne fera pas de bruit. A l’Assemblée, on est juste 17, on vous a fait comprendre que ce n’est pas le lieu où on est payé pour dormir. Des menaces inutiles sur la manière de représenter le peuple. Un député est l’image de ses circonscrits et la projection de sa Nation. La nation n’est pas bien, nous LFI, on la représente et le peuple en est fier. Nous Insoumis, on est fier d’être au front pour cette bataille historique. Bientôt, la FRANCE se levera pour chasser ces faux prophètes.
    Insoumis d’un jour, Insoumis toujours.
    BACAR Anassi, l’Insoumis de l’Autre-Mer

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