Armée européenne : Macron abandonne l’indépendantisme français

Mercredi soir, Emmanuel Macron s’exprimait depuis le porte-avions Charles De Gaulle. Pour une fois encore dire tout et son contraire, ce coup-ci en matière de défense. Il n’a échappé à personne que le président a profité de son errance mémorielle autour du 11 novembre pour relancer la défense européenne qui lui tient tant à coeur. Or derrière le vernis qui vise à faire croire que cette armée européenne serait une garantie pour notre pays, il ne s’agit une fois encore de rien d’autre que d’une nouvelle dépossession de souveraineté et de l’abandon de facto de l’indépendantisme français en matière de défense. Regardons-y de plus près.

Emmanuel Macron a commencé à plaider pour une Europe de la défense à la fin de l’été 2017 lorsqu’il a lancé son offensive pour promouvoir une souveraineté européenne. Il avançait à l’époque sur la base d’une coopération structurée permanente (CSP) avec l’Allemagne, dispositif prévu par le Traité de Lisbonne pour développer des collaborations dans le domaine de la défense. Dans son discours de la Sorbonne le 26 septembre 2017, M. Macron considérait ainsi que « l’Europe doit se doter d’une force commune d’intervention, d’un budget de défense commun et d’une doctrine commune pour agir ». Les bases de « l’armée européenne » dont parle désormais M. Macron étaient jetées. Et Merkel y trouve son compte : «Nous devons travailler à la vision, un jour, de parvenir à une vraie armée européenne» lançait-elle mardi 13 novembre devant le Parlement européen.

Or qui dit armée européenne dit aussitôt que celle-ci doit relever d’une autorité. Qui commande pour être clair. Et bien en l’espèce, au nom de cette chimérique souveraineté européenne qui relève de la foi (« Je crois dans la souveraineté européenne » déclamait, moitié illuminé, Macron au JT de TF1 ce mercredi), Macron et Merkel se rejoignent pour en abandonner l’exercice.  Mardi 13 décembre, dans sa allocution devant le Parlement européen, la chancelière Merkel évoquait ainsi cette nouvelle dépossession de souveraineté : elle proposait que les décisions de politique extérieure ne se prennent plus à l’unanimité mais à la majorité qualifiée, rejoignant en cela la position du président français. Non seulement la France aurait de la sorte mis en commun sa capacité de défense, mais il faudrait encore que la possibilité du veto lui soit retirée pour se laisser potentiellement imposer sa politique étrangère par d’autres. La tartufferie poussait la chancelière à évoquer «un conseil de sécurité européen avec une présidence tournante au sein de laquelle des décisions importantes pourront être plus rapidement prises», mais sans droit de veto donc. C’est que l’Allemagne, quasi absente de la scène internationale en matière de défense, a moins à y perdre que la France mais surtout beaucoup plus à y gagner : pour la France ce serait là rien moins que l’abandon pur et simple de l’indépendantisme de notre pays et le risque d’être embringués dans des choix et des aventures que nous n’aurions pas fait. Pour l’Allemagne ce serait devenir à moindres frais un acteur géopolitique majeur qui ne serait plus cantonné à sa puissance économique et commerciale.

Car il ne faut pas s’y tromper. Derrière les simagrées et pas de deux dansés avec Trump, se convertir à la souveraineté européenne, notamment en matière de défense, c’est se remettre quoi qu’on en dise dans les mains de l’OTAN et donc des Etats-Unis d’Amérique. Ainsi, lors de sa déclaration à la presse aux côtés de Donald Trump samedi 10 novembre, Emmanuel Macron assurait confirmait sa volonté « d’une Europe qui puisse prendre davantage la part du fardeau commun au sein de l’Otan ». Mais surtout, le carcan des traités inféode toute politique de défense européenne à l’OTAN. Ainsi, l’article 42-7 alinéa 2 du Traité de Lisbonne stipule que « les engagements et la coopération en ce domaine (politique de sécurité et de défense) demeurent conformes aux engagements souscrits au sein de l’OTAN qui reste, pour les Etats qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en oeuvre ». Toute défense ou armée européenne est donc liée par avance à l’OTAN !

Résumons-nous : armée européenne mais dilution de l’autorité sur celle-ci tandis que l’assujettissement à l’OTAN demeurerait. Mais qu’irions-nous faire dans cette galère sinon abaisser la France et brader une fois encore la souveraineté de son peuple sur l’autel du dessaisissement permanent ? Décidément plus ça va et plus M. Macron représente désormais un danger pour la France.

François Cocq

 

3 commentaires sur “Armée européenne : Macron abandonne l’indépendantisme français

  1. roselyne roussel dit :

    bonsoir,

    une erreur de titre ??

    à bientôt ________________________________

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  2. BOUTEVIN dit :

    C’est en effet tout simplement perdre toute souveraineté pour notre pays. Quid de l’autorité politique de notre pays qui possède l’arme nucléaire et qui de fait dissuade ceux qui seraient tenter de nous attaquer!

    Et puis cette position stratégique voulu par De Gaulle qui avait tiré les enseignements de la débâcle de l’armée Française lors de la seconde guerre mondiale nous permet de siéger au conseil de sécurité et de porter une parole libre. Enfin presque depuis que cet « imbécile » de Sarkozy a entrainé notre pays dans une dérive Atlantiste désastreuse. Sans parler des errements aux moyens orient.

    Ces décisions ont des conséquences terribles pour notre diplomatie qui a totalement disparue de cette zone stratégique pour nos intérêts extérieurs et intérieurs. Quand a Hollande, il ne fit rien! Enfin si, il préféra les alliances avec deux états terroristes le QUATAR et L’Arabie Saoudite. C’est affligeant et Macron qui tente de faire illusion dans cette proposition dangereuse pour l’ensemble des peuples Européens. Car, ce n’est pas en préconisant un réarmement encore plus important de ce continent que l’on pourra consolider la paix.

    C’est un sujet qui m’a toujours intéressé et surtout qui est très important dans l’équilibre des forces. Mon histoire personnelle n’y est pas pour rien. Je suis en effet pupille de la nation. Mon père qui fut résistant s’engagea à la fin de la guerre dans l’armée Française et parti combattre sous commandement Américain, avec Patton dans l’est de la France, puis en Corée et enfin en Indochine ou il fut blessé rapatrié sanitaire et décéda de ses blessures. Je sais donc ce que veut dire le sang versé pour sa patrie et les meurtrissures que cela laisse dans les familles et les esprit. Je n’aimerai pas que ma fille connaisse la guerre.

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  3. henthouarn dit :

    Les dominants, c’est-à-dire quelques milliers de milliardaires et d’ultra-riches en France et dans le monde, ont besoin du gendarme US pour préserver ou rétablir leur domination, leurs privilèges. D’où le projet de souveraineté européenne niant les souverainetés nationales, d’armée européenne inféodée à l’OTAN et donc sous commandement US! De Gaulle n’a pas fini de se retourner dans sa tombe!

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