Macron, un échec industriel et politique

On se souvient du discours de la Sorbonne prononcé le 26 septembbre 2017 par Emmanuel Macron et qui fait office pour le président français de ligne stratégique pour l’Europe, et donc pour les élections européennes à venir. Seulement voilà : dix-huit mois à peine plus tard, Air France-KLM et Alstom-Siemens étant passés par là, l’Elysée est mis politiquement en échec sur le volet industriel qui servait pourtant à l’époque de justification à tous les transferts de souveraineté à l’échelle de l’Union.

Les épisodes Ford et Ascoval avaient déjà démontré l’impuissance de l’Etat lorsque celui-ci limite son action au ministère de la parole et refuse d’engager le rapport de force. Dans un cas comme dans l’autre, Macron, Philippe et Lemaire blablatent mais aucun n’ose affronter tant les multinationales avides de profits d’un côté ou la commission européenne et son dogme de la concurrence de l’autre. De la sorte, privé notamment de l’outil de la nationalisation, fut-elle partielle, l’Etat se contente d’être spectateur.

Mais les cas Alstom-Siemens et Air France-KLM sont plus éclairants encore. On se souvient qu’Emmanuel Macron plaidait pour une souveraineté européenne qui visait à « inscrire l’Europe dans la mondialisation ». Et pour ce faire, il prônait à la Sorbonne l’émergence de « géants européens » (voir mon livre Alerte à la souveraineté européenne ! La chimère de Macron contre la souveraineté populaire). Mais ce modèle est de toutes parts désavoué.

Macron est désavoué par les états eux-mêmes. L’augmentation de capital de l’état néerlandais au sein de Air France-KLM pour détenir autant de parts que l’état français atteste d’une volonté nationale des Pays-Bas d’engager une politique industrielle propre. Le signal est d’autant plus marqué qu’il intervient au moment même où la France envisageait il y a quelques semaines encore de céder les parts d’Air France qui sont les siennes. Les logiques sont donc diamétralement opposées. Mais elles montrent qui plus est que les « géants industriels » évoqués par Macron passent pas le désengagement public là où nos partenaires font le juste choix de pouvoir peser sur la décision. Macron peut bien derrière appeler les Pays-Bas à « apporter des clarifications », il s’est tout seul réduit à l’impuissance.

Mais Macron est désavoué par l’UE elle-même, quand bien même il cherche à en être le meilleur élève de la classe. Voyez la fusion avortée Alstom-Siemens. Macron avait laissé les clés du camion à Merkel et aux allemands qui prenaient de fait les rênes du futur attelage. Seulement voilà : la commission européenne n’en a pas voulu, là encore pour ne pas biaiser sa sempiternelle « concurrence libre et non faussée ». Celle-ci est placée au-dessus de toute chose. Autrement dit, là où Macron pensait conférer une nouvelle dimension politique à l’UE par transferts de souveraineté et l’émergence notamment de ces « géants européens », la Commission n’a que faire de se voir conférer une autorité politique, fût-ce en propre : elle n’est régie que par la finance qui s’affranchit sans problème des pantins qui se refusent à établir le moindre rapport de force.

L’échec industriel de Macron est donc avant tout un échec politique : celui de la dépossession volontaire de la France et du basculement vers une souveraineté européenne dont au final personne ne veut.

 

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5 commentaires sur “Macron, un échec industriel et politique

  1. michel43 dit :

    attendons le vote de MAI,, si Macron perd, ,,cela va changer certaine chose,,,,

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    • BRETON dit :

      « si macron perd ,cela va changer ……..; » . Il faudrait qu’il perde ,
      rien n’est sur , ne rêvons pas .

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      • michel43 dit :

        j »espère que vous plaisanter ,beaucoup pense que Macron finira a la seconde place, ,en MAI manipuler certains institut de sondage , ceux de son gendre et de l’ancienne patronne du Cnpf

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  2. Claire Delaroche dit :

    Macron n’est-il pas un traître qui mériterait jugement et destitution?

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  3. Pascal Duval dit :

    Macron se ridiculise de plus en plus vis à vis des partenaires européens et par cela prouve l’amateurisme de sa stratégie politique. Sa vision et la vision des financiers les poussent à faire une politique à court terme. Un pays n’est décidément pas fait pour être une start-up surtout pas la France.

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