De De Rugy à Goulard, la Caste contre-attaque

Il ne fallait pas être grand clerc pour comprendre que la réhabilitation de François « Homard » de Rugy au cœur de l’été était annonciatrice d’une reprise en main par la Caste de ses droits à tout faire. La proposition de Macron d’offrir à Sylvie Goulard un fauteuil de commissaire européenne en est déjà l’illustration.

Profitant de la trêve estivale, politiciens et affidés médiatiques ont décidé fin juillet de siffler la fin de la récréation. Allons bon ! Qu’est ce que cette populace qui exerce une pression pouvant conduire à la démission du ministre de la transition écologique du fait de ses orgies de crustacés alors qu’il était président de l’Assemblée nationale, 4ème personnage de l’Etat dans l’ordre de préséance institutionnel ? Le message a été bien reçu à l’Elysée qui a téléguidé la contre-attaque : tout doit être fait pour que la démission désormais effective de François De Rugy apparaisse comme une injustice et une violence à l’endroit du cadre républicain. L’objet n’étant pas tant de De Rugy que tous ses alter-égos qui voulaient se retrouver à nouveau les mains libres, débarrassés des menaces du regard populaire.

Dans le sillage de De Rugy, ses ex-comparses du gouvernement ont donc commencé à parler d’une  « décision excessive », « injuste », puis d’une « cabale » et d’un « lynchage médiatique ». Etaient visés aussi bien ce peuple qu’on renvoyait à l’image d’une foule armée de piques, que les organes de presse, Mediapart notamment, qui se seraient par trop autonomisés du pouvoir pour se livrer à pareille attaque. Il faut dire qu’ils étaient nombreux à trouver intérêt à cette restauration d’un prince déchu : le landerneau politico-mediatico-lobbyo qui se retrouve autour des mêmes agapes entend conserver non seulement ses privilèges à petites sauteries intimes, mais aussi son droit à poser sentencieusement des jugements sur l’opinion comme le fait l’inébranlable Jean-Michel Apathie.

Tant est si bien que dès la mi-août, François De Rugy pouvait en toute tranquillité récupérer son siège de député. Peu importe qu’avant le lancement de la contre-offensive lui-même ait été contraint de reconnaître que l’utilisation qu’il avait faite des fonds publics n’était pas appropriée. Peu importe que l’Assemblée nationale se soit saisie dans un premier temps du dossier tant sur son logement nantais que sur les soirées de l’hôtel de Lassay. Seul doit demeurer le « circuler il n’y a rien à voir », véritable laisser-passer accordé dans un second temps en rythme et en cadence par tous les temples institutionnels.

Ne nous y trompons pas : avec l’épisode De Rugy, et après avoir à son sens trop subi avec l’affaire Benalla puis avec l’irruption populaire des Gilets jaunes, la Caste cherche à reprendre la main. La désignation de Sylvie Goulard pour être la représentante française au sein de la Commission européenne s’inscrit dans ce droit fil. Sylvie Goulard avait elle aussi fait long feu au gouvernement. Non reconduite en juin 2017 suite à sa mise en cause dans les affaires des assistants parlementaires au parlement européen (pour le coup une vraie connerie : circonscrire l’action des assistants parlementaires européens aux seules tâches strasbourgeoises, c’est transformer les assistants et les politiques en technocrates et gratte-papiers sans lien avec les réalités politiques nationales. Tel est d’ailleurs peut-être le but de ces simagrées…), la raison qui a présidé à son éviction il y a deux ans ne serait donc plus un frein quand bien même rien n’a changé. Surtout, Mme Goulard est connue pour ses activités très lucratives de lobbying au sein du think tank américain Insitut Berggruen. Et ce sur quoi dissertait Mme Goulard, la « bonne gouvernance », est ce qu’elle devrait aujourd’hui mettre en œuvre, une abstraction démocratique pour parfaire l’entre-soi des tenants du marché à l’abri des peuples.

La consanguinité honteuse hier s’affiche aujourd’hui sans scrupule. De Rugy est passé par là. Macron aussi qui, derrière le discours de la méthode de 2017 sur la séparation des pratiques, assume désormais d’être le bras armé de l’oligarchie. La Caste contre-attaque en somme.

2 commentaires sur “De De Rugy à Goulard, la Caste contre-attaque

  1. henthouarn dit :

    La Caste est invaincue mais non pas invincible! Ne nous laissons pas impressionner par ses basses manoeuvres. Nous avons pour nous la force décisive du nombre, sans laquelle F. de Rugy n’aurait pas démissionné. S. Goulard n’est peut-être pas au bout de ses peines!

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  2. Ackermann dit :

    Dans le même sens, en entendant le curiculum vitae de Delevoye , le bras armé de Macron et de l ‘europe pour réduire les retraités.
    Je me demandait avec tout ses mandats et postes , une estimation du montant de sa retraite serait intressant à connaître dans la bataille.
    Et est que ces gens seront touchés par la réforme.

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