Le retour des salopards

Le monde d’après c’est donc ça, le rapatriement d’un émissaire colonial de Bruxelles au principal poste de flicage budgétaire en France. Mercredi 3 juin, Emmanuel Macron nommera en effet Pierre Moscovici premier président de la cour des comptes. Un parachute doré pour une bombe à fragmentation.

Pierre Moscovici est un condensé de la consubstantialité de l’union européenne et du dogme de l’orthodoxie libérale. Tour à tour ministre délégué aux affaires européennes (sous Jospin), ministre de l’économie et des finances (sous Ayrault), commissaire européen aux affaires européennes (sous Juncker), Pierre Moscovici est donc recyclé par Macron pour siéger au palais Cambon. Autrement dit après avoir assujetti la France à l’UE, après avoir été l’un des hérauts du Oui de 2005 (merci pour l’anniversaire !) puis l’un des fossoyeurs de la souveraineté populaire, après avoir mis en œuvre avec zèle à Bercy le diktat bruxellois des politiques d’austérité, après en être devenu l’un des éléments propagateurs au cœur du réacteur de l’UE, Pierre Moscovici revient donc sévir à Paris. La Caste fonctionne en vase clos.

La nomination de Pierre Moscovici à la cour des comptes signe un peu plus l’assujettissement de la France à l’UE et à sa politique. Car depuis le palais Cambon, et depuis que Nicolas Sarkozy a imposé les transfuges à la tête de cette institution pour acter qu’elle devait être le garde chiourme de « la seule politique possible », Pierre Moscovici va faire mine de tancer les responsables politiques pour mieux mettre en œuvre les recommandations de la commission qu’il délivrait il y a encore quelques mois. Moscovici a sévi à Bruxelles de 2014 à fin 2019. Sous sa coupe, la France a eu droit en 2015 à l’injonction de « corriger durablement le déficit excessif d’ici 2017 au plus tard » ainsi que de « réformer le droit du travail pour lutter contre les rigidités » ; en 2016 à nouveau de réduire les dépenses et le coût du travail en « veillant à ce que les réductions du coût du travail soient pérennisées et que les évolutions du salaire minimum soient compatibles avec la création d’emplois » ; en 2017 à « consolider les mesures de réduction du coût du travail » ; en 2018 à « réduire les dépenses, réduire le ratio d’endettement public, à uniformiser les régimes de retraites » ; en 2019 à « réduire les dépenses au travers du Programme Action publique 2022 » et à « réformer le système de retraites ». Le tout en surveillant la mise en œuvre des recommandations précédentes, comme celles de 2014 enjoignant de « réduire l’augmentation des dépenses en matière de sécurité sociale à partir de 2015 de façon sensible en fixant des objectifs ambitieux pour les dépenses annuelles de santé, en limitant le coût des retraites et en rationnalisant les allocations familiales ». Bref, de la casse du code du travail à la réforme des retraites en passant par le nœud coulant de l’austérité et le saccage de l’hôpital, Moscovici a été depuis six ans l’un des principaux donneurs d’ordres. Il va désormais devenir l’inspecteur des travaux finis.

Que cesse cette mystique infantilisante et mensongère du monde d’après quand celui-ci se prépare avec les salopards d’hier, pour reprendre le terme fort à propos utilisé par François Delapierre en 2014 pour qualifier les 17 responsables européens, dont Pierre Moscovici, qui avaient décidé de taxer les dépôts des épargnants chypriotes dans une ingérence économique qui devenait annexion. Moscovici a présidé à toutes les mesures qui nous ont conduits au monde tel qu’il est, démembré et démantelé, avec des services publics étranglés et les industries stratégiques délocalisées. C’est pourtant lui que Macron, fait du prince, va installer à la présidence de la cour des comptes pour poursuivre son oeuvre destructrice et veiller au prolongement de la main mise du monde d’avant. Ce n’est pas tant que Macron n’a rien appris de la crise du Covid qu’il refuse dogmatiquement de changer quoi que ce soit et cherche même à en tirer avantage. Actant un peu plus la souveraineté européenne qui passe par l’abaissement de la France et sa vassalisation, Macron va justement récompenser Moscovici pour cela. Jusqu’à la Nausée.

François Cocq

4 commentaires sur “Le retour des salopards

  1. gui40210 dit :

    Comme tout cela est tellement convenu dans ces petits cénacles ou barbottent avec aisance ces tristes sires. Rien ne change dans leur Monde d’hier, ils se complaisent dans un entre-soit délétaire et hélas aux conséquences terribles pour les peuples Européens qui depuis décénies subissent une régression sociale d’une violence ïnouie. Il est temps de dégager « ses SALOPARDS »!

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  2. Anne Rame Ascari dit :

    Merci pour tous ces rappels de la malfaisance de ce triste sire …
    Si seulement le monde d’après pouvait au moins avoir un brin de mémoire. Et si l’on pouvait enseigner quelque chose comme l’Histoire aux enfants : je veux dire l’histoire des méfaits de ces « grands hommes ».

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  3. Sylvie Rabatel Rabatel dit :

    Qu’es-ce qu’on attend pour sortir de ce machin pourris

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  4. Jean Paul MAÏS dit :

    Merci François pour ce rappel de toutes les turpitudes de Mosco … Traître à la FRANCE, PETAIN a fait école ! Quand je pense qu’ il nous a été vendu comme « sozialist … nationaaal » !

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