Ecole : les chiffres noirs du blanquérisme

Depuis que, relai zélé de Nicolas Sarkozy à la tête de  la direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO), Jean-Michel Blanquer a supprimé 60.000 postes entre 2010 et 2012, de quoi lui valoir sous Emmanuel Macron et en guise de reconnaissance le ministère de l’Education nationale, nous savons le locataire de la rue de Grenelle expert en manipulation des chiffres. Sa pantomime depuis le début de la crise sanitaire en atteste. Jusqu’à atteindre ces derniers jours un paroxysme dangereux. 

Depuis la rentrée de janvier, les chiffres s’envolent malgré le bais introduit courant septembre qui vise à cacher les contaminations en réfutant les cas contacts sous prétexte de port supposé du masque. Ainsi, entre la semaine du 4 au 7 janvier (les chiffres fournis par l’Education nationale étant arrêtés au jeudi à 13h), le point de situation faisait état de 2 établissements scolaires fermés auxquels s’ajoutaient 9 classes fermées suite à 1958 élèves testés positifs tout comme 345 personnels. Une semaine plus tard, le nombre de cas élèves avait multiplié par 4 pour atteindre 7782 tests positifs, et celui des personnels par 3,5 à hauteur de 1136. Dans le même temps, on dénombrait alors 22 établissements + 138 classes fermées. Mais la semaine suivante, autrement dit lors du point de situation de ce vendredi 22 janvier, les chiffres déraillent. Le nombre d’établissements et de classes fermées explose, bondissant à 64 pour l’un et 361 pour l’autre, autrement dit un quasi triplement, tandis que le nombre d’élèves et de personnels lui, s’il continue d’augmenter, le fait plus modestement avec 20% de hausse (10.003 élèves et 1586 personnels concernés). La déconnexion entre les chiffres de contaminations et les établissement et classes fermés apparaissent d’un coup déconnectés. Là réside la différence entre le factuel, les écoles, collèges et lycées que l’EN a été contrainte de fermer, et le minoré et masqué, les contaminations remontées.

Dans le JDD du jour, le ministre Blanquer affirme que « la situation est comparable à celle d’après les vacances de Toussaint ». Et de citer le taux de positivité où le nombre de cas quotidiens. Pourtant, à y regarder de près, jamais le nombre d’établissements fermés n’a été aussi important. Ainsi, le pic a été atteint le 18 décembre avec 34 établissements fermés (soit moitié moins qu’aujourd’hui) mais avec à l’époque tout juste 5264 cas élèves et 904 cas personnels (soit la moitié des cas actuels). De même quand Jean-Michel Blanquer évoque un nombre de cas comparable, le pic de cas positifs détectés est intervenu la semaine du 20 novembre (13.870 élèves, soit 38% de plus qu’aujourd’hui) et à l’époque 20 structures (moins d’un tiers de ce que nous connaissons) et 222 classes (50% de moins) étaient alors fermés. Quant à la positivité « sous contrôle » dont se targue le ministre, elle est elle aussi balayée par les chiffres : Jean-Michel Blanquer évoquait ainsi le 22 janvier au micro de RTL une positivité de 0,3% : « Le taux de positivité en milieu scolaire n’a pas changé, il est de 0,3 % sur des milliers de tests que nous faisons en milieu scolaire, notamment dans les lycées et les collèges, sur les adultes et les élèves ». Or les chiffres des ARS sont sans rapport avec ceux-là comme le rapporte Le Parisien : sur la semaine du 12 au 18 janvier, ce taux s’élève à 7,6 % chez les 10-19 et à 8,4 % chez les moins de dix ans ! Le ministre Blanquer ment donc sciemment en se référant à la positivité par rapport aux tests réalisés en milieu scolaire pour masquer la réalité.   

Il y a donc loin de la coupe aux lèvres. Les chiffres de contamination à l’époque restent l’objet d’une instrumentalisation malsaine pratiquée par le ministère comme l’ont révélé à l’automne de nombreux médias qui ont montré en quoi les chiffres fournis par l’EN contredisaient sur les tranches d’âges concernées les chiffres des ARS. Le même petit jeu mortifère reprend donc en cette rentrée, Jean-Michel Blanquer ayant trouvé à Bercy des alliés tout aussi cyniques que lui : Démonstration par Olivier Dussopt, ministre chargé des Comptes publics : « Un couvre-feu à 18 heures, tel qu’appliqué aujourd’hui, contraint l’Etat à signer chaque mois un chèque de 4 milliards pour les secteurs d’activité affectés. Un confinement comme en novembre, qui impose la fermeture de commerces dits non essentiels, mais sans toucher aux écoles, cela représente 9 à 10 milliards d’aides à verser par mois. Mais la facture peut encore doubler si les écoles ferment, comme au printemps dernier » lâche ainsi Olivier Dussopt, ministre chargé des comptes publics, propos rapportés par France-Info.

Tout cela est donc bien affaire de chiffres. Il est irresponsable que les décisions à prendre concernant les écoles ne puissent l’être sur la base de chiffres honnêtes présentés aux citoyens. Depuis des mois, le ministre Blanquer trafique les données et les arrange à sa sauce pour obtenir un bon point auprès de Macron en laissant les écoles ouvertes. Or tout accaparé à cette falsification, il n’a plus le temps pour travailler aux adaptations nécessaires qui permettraient justement de maintenir les écoles ouvertes dans des conditions raisonnables de sécurité. Au lieu de cela, on a le mensonge et la mise en danger des élèves, des personnels, et par effet rebond des familles et donc de la société. Pour Blanquer, il est urgent que l’heure des comptes sonne enfin.

François Cocq

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