Macron déclasse la France

Emmanuel Macron a fait un choix. Solitaire. Mais surtout personnel. Celui de différer les mesures nécessaires pour atténuer l’épidémie de Covid dans sa forme originelle et freiner l’expansion des variants. Ainsi depuis trois semaines et la tenue du conseil de défense du 29 janvier suivi des déclarations du Premier ministre Jean Castex annonçant la stratégie de fuite en avant, Emmanuel Macron s’enorgueillit-il de ce laisser-aller qui l’a vu se dresser seul contre tous, et notamment contre les scientifiques. Mais voilà que l’histoire, tragique, le rattrape.

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35 ans après l’Acte unique, tout est à reconstruire

Tribune cosignée avec Frédéric Viale, spécialiste des traités de libre-échange et de l’Union européenne, et publiée sur QG, le média libre , à l’occasion du 35ème anniversaire de la ratification de l’Acte unique européen.

Ce 17 février 2021 a vu le 35ème anniversaire de la signature de l’Acte unique. Ouvrant la voie aux traités qui l’ont suivi, l’Acte unique signe l’abandon du projet européen aux injonctions du marché et la mise en place d’un verrou sur la souveraineté populaire. Trois décennies et demie de politiques néolibérales s’en sont suivi qui ont détruit toute capacité de l’État à intervenir sur les questions sociales, économiques, et in fine politiques. L’élection présidentielle de 2022 doit être l’occasion  de ruptures ordonnées dès lors que les Français feraient le choix d’un président qui aurait la volonté de reconstruire le pays, et non de le vendre à la découpe comme c’est actuellement le cas.

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Politique spéculative

Mon édito pour la Feuille constituante du 9 février 2021

Emmanuel Macron a joué : il a tout misé sur le non-reconfinement et sur un hypothétique maintien sous contrôle de l’épidémie de Covid. Fini donc le principe de précaution qui avait régi les décisions publiques ces dernières années. Fini le Macron catastrophiste qui, en octobre, justifiait par sa bouche le deuxième confinement par une absurde projection de …400.000 morts. Fini même le Macron de décembre qui liait le déconfinement à moins de 5.000 nouveaux cas quotidiens…Macron a fait sa mue comme un retour aux sources : désormais il parie et spécule sur nos vies.

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Accès aux droits : un parcours du combattant

Parce que la refondation populaire porte l’exigence du passage des droits formels aux droits réels et à l’égalité d’accès au service public, nous recevions pour ce 16ème épisode de Quartier constituant la docteure en sociologie Clara Deville qui vient de recevoir le prix de la thèse du Défenseur des droits pour ses travaux sur l’inégalité d’accès aux droits en milieu rural.

Une émission à retrouver ici sur le site de Quartier général : https://qg.media/programme/quartier-constituant/

Le concordat pour tous à défaut de laïcité

Retrouvez ici la tribune d’analyse que je cosigne avec plusieurs militants pour la laïcité dans Le Monde daté du 29 janvier sur le projet de loi séparatisme rebaptisé projet de loi sur les principes républicains. Extension du concordat, juteux cadeaux aux associations cultuelles et à l’enseignement privé, lutte d’apparat contre l’islamisme…Ce projet de loi est largement hors sujet.

Le projet de loi, hier contre le « séparatisme », aujourd’hui « confortant le respect des principes de la République » est en débat au Parlement. Ce texte n’est pas réellement une réponse à la menace islamiste, comme le prétend le gouvernement. Loin de renforcer les principes de la République, il ne promeut pas la liberté de conscience, et apparaît comme une remise en cause de la séparation des Eglises et de l’État telle qu’elle est instaurée par la loi de 1905.

Bavard, rappelant certaines dispositions existantes, purement déclaratif sur d’autres points, ce texte est inapplicable et parfois dangereux. Il semble avoir pour but d’étendre à toute la France l’esprit du Concordat, cet accord signé entre la France et le Vatican, encore en vigueur en Alsace-Moselle et qui fait peser sur l’État la charge de l’entretien de l’Église.

Si le texte affirme la soumission des associations cultuelles à la loi de séparation de l’Église et de l’État de 1905, au lieu de celle de 1901 relative au contrat d’association, cela ne se fait pas sans que le gouvernement ait lâché une contrepartie importante : la possibilité pour les associations cultuelles d’avoir des immeubles de rapport, à condition que ceux-ci soient acquis gratuitement par dons et legs. Ce qui va permettre à certains cultes déjà bien dotés en immobilier (notamment l’Église catholique) de renforcer leur position patrimoniale et financière et d’en distribuer à volonté les bénéfíces. Cette nouvelle disposition va permettre aux écoles privées confessionnelles, très majoritairement d’obédience catholique, de faire don aux associations loi de 1905 de leur patrimoine immobilier. Largement fínancées par l’argent public depuis la loi Debré (1959) et la loi Carle (2009), ces écoles contribueront au fínancement des cultes.

Lire la suite sur le site du Monde ou dans la version papier du journal en date du 29 janvier 2021.

Pour une République écologique

Je cosigne aujourd’hui avec une centaine de citoyens engagés une tribune intitulée « Pour une République écologique » à retrouver sur le site du Point.

Au programme : « Nous appelons à une nouvelle République écologique dont le cœur serait la citoyenneté et non la figure étriquée du consommateur. Une République des égaux où chacun doit pouvoir participer à la fabrication du commun et à la promotion de la reconstruction écologique. Seul un cadre républicain fort permettra d’accomplir l’immense transformation écologique qui s’impose à nous et au monde » […] La nation, la République et la citoyenneté sont des mots pleins de jeunesse […] La délibération collective doit devenir la clé de voûte de la République écologique[…]

Lire l’intégralité de la tribune et retrouvez les signataires ici

Ecole : les chiffres noirs du blanquérisme

Depuis que, relai zélé de Nicolas Sarkozy à la tête de  la direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO), Jean-Michel Blanquer a supprimé 60.000 postes entre 2010 et 2012, de quoi lui valoir sous Emmanuel Macron et en guise de reconnaissance le ministère de l’Education nationale, nous savons le locataire de la rue de Grenelle expert en manipulation des chiffres. Sa pantomime depuis le début de la crise sanitaire en atteste. Jusqu’à atteindre ces derniers jours un paroxysme dangereux. 

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2021, l’année de la cloche

Editorial de la Lettre du mois n°150 de l’Agaureps-Prométhée

2021 commence comme 2020 s’est terminée : avec la vie placée sous cloche. Bien sûr la crise sanitaire sévit indéniablement, avec une augmentation de la mortalité de 9 % en 2020 par rapport aux deux années précédentes, selon l’Insee. Mais depuis mai dernier, la réponse de l’exécutif ne semble pas tant se concentrer sur les aspects sanitaires que sur le fait de séparer les activités de production économique des activités de loisir et de vie sociale comme en atteste le couvre-feu généralisé. Le temps de la vie sociale est artificiellement disjoint du temps de l’organisation sociale, comme si le virus était muni d’une horloge interne. Le travail n’est plus même pensé comme une interaction sociale mais réduit à sa dimension productive. Cette abstraction intellectuelle matérialise la dichotomie de l’être si chère au néolibéralisme qui voudrait réduire les individus au double statut de producteur et de consommateur pour mieux les empêcher d’être citoyens et tout simplement d’être Hommes. Ainsi, les premiers de corvée qui sont bons pour le service de 6 heures à 18 heures deviennent des pestiférés à « l’heure de l’apéro ».

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Blanquer, élève passif mais perturbateur

On se demande quels signaux d’alerte il faudra pour que le gouvernement se décide enfin à faire son devoir pour protéger de la crise sanitaire les quelques 12 millions d’élèves qui se pressent chaque jour dans les classes, et le quasi million d’enseignants qui les accompagnent. La question n’est pas ici de savoir s’il faut ou non fermer les écoles, quand bien même elle est effectivement posée : tout le monde s’accorde à dire qu’il faut, autant que faire se peut, les laisser ouvertes. Mais pas dans l’état d’abandon qui est celui de l’école aujourd’hui face au virus. La passivité du ministre Blanquer n’a d’égal que l’irresponsabilité du surveillant général Macron.

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