Hollande et la Fête de l’âne

François Hollande a réussi le tour de force de transformer le 14 janvier de date de célébration en date de commémoration : il y a un an jour pour jour, à l’occasion d’une conférence de presse, le déjà calamiteux quinquennat présidentiel prenait en effet un nouvel élan pour mieux dévaler la pente. François Hollande annonçait la mise en place dans un même mouvement du pacte de responsabilité, la baisse de 50 milliards d’euros de la dépense publique, et les contours de la réforme territoriale. L’offensive idéologique s’accompagnait alors de la mise en oeuvre d’un processus déconstituant de ce qui fait sens commun en République. Une façon pour François Hollande de ressusciter l’oubliée Fête de l’âne qui tous les 14 janvier célèbre pour les chrétiens la fuite en Egypte de la famille de Jésus. Les blasphémateurs ne sont finalement pas ceux qu’on croit. Lire la suite

23 avril 1848/1905/2014 : le peuple, les socialistes, les fossoyeurs

Ce 23 avril, François Hollande se rend à Carmaux pour « rendre hommage » à Jean Jaurès. Il aurait pu s’y ressourcer en se souvenant que Jean Jaurès avait si ardemment œuvré à la création de la SFIO, le 23 avril 1905, à la salle du Globe à Paris. Il aurait pu se souvenir que c’était aussi un 23 avril, en 1848, que se tinrent les premières élections au suffrage universel (masculin) en France pour désigner l’assemblée constituante. Au lieu de cela, comme un symbole, c’est le jour qu’il a choisi pour entériner définitivement le pacte de responsabilité, détailler les cadeaux aux Medef et expliciter la saignée de 50 milliards infligée au peuple. Sans vergogne, François Hollande est donc allé porter l’affront chez Jaurès, celui qui, parce que « le socialisme sort du mouvement républicain », n’a au contraire eu de cesse pour faire émerger la République sociale de lier les combats qui s’exercent dans les ordres politique, économique et social. Lire la suite

Hollande : des voeux aux aveux

Hollande Voeux 2013François Hollande nous avait promis des vœux de combat. Il a tenu parole. Mardi soir, sur le coup de 20h, il a pilonné sans relâche les salariés, et plus largement les français, tout le long de ses 10 minutes d’allocution. Mais au-delà de la violence du choc, il faut prendre la mesure pleine et entière de ce qu’une telle intervention revêt, tant sur la forme que sur le fond. Non seulement François Hollande fait désormais le choix d’assumer au grand jour son libéralisme, mais il a décliné pour finir 2013 les contours de l’offensive qu’il entend mener contre le pacte social et républicain pour mieux répondre aux injonctions du Medef. Décryptage. Lire la suite