La macronite, maladie infectieuse de la démocratie

Il aura suffi d’un mois à M. Macron pour plonger le pays dans la grève civique. 57,4% au niveau national, 70 % dans certaines circonscriptions, jusqu’à 88% chez les français de l’étranger, la démocratie vire au drame quand elle se parodie. La question n’est alors pas celle de la légitimité des députés, ils sont arrivés devant leurs adversaires, mais du pouvoir qui leur est conféré. Lire la suite

Quand l’hégémonie macroniste pourrait dépasser la volonté populaire

Selon l’enquête du Cevipof réalisée par Ipsos Sopra-Steria et rendue publique ce 2 juin, En marche ! et M. Macron pourraient faire une véritable razzia à l’occasion des élections législatives des 11 et 18 juin. A dire vrai, ce n’est pas impossible tant les effets pervers de la Vème République peuvent se conjuguer pour aller au-delà de la volonté générale et offrir un blanc-seing à M. Macron. Dès lors, si l’entraînement mécanique de système qui semble se dessiner si l’on en croit cette enquête devait se vérifier, nous en serions rendus à la situation ubuesque où l’adhésion au projet du Président n’a jamais été aussi faible avant et après l’élection mais où il sort pour autant avec une majorité hégémonique. La démocratie est décidément bien malade sous la Vème république. Lire la suite

Législatives : quand Macron recycle les ministres de Hollande

Plus les investitures de la République En marche ! s’affinent et plus la résurgence des gouvernements Hollande prend forme. La liste des circonscriptions sur lesquelles le mouvement de M. Macron n’investit pas de candidat laisse ainsi apparaître que la majorité des ministres du quinquennat Hollande qui se représente se voit protégée. Les coupables du quinquennat précédent sont donc recyclés. Le renouvellement annoncé par M. Macron est donc d’abord affaire de continuité. Lire la suite

Si Jean-Luc Mélenchon n’impose pas sa parole, c’est pour libérer celle des gens

Interview accordée au journal Première Heure et publiée dans son édition du 5 mai 2017. Propos recueillis par Hervé Guénot.

1) Une réaction et une analyse de la consultation des militants de La France insoumise, terminée ce 2 mai ?

François Cocq : Ce fut un bel exercice démocratique. En renouvelant de fond en comble les pratiques, nous changeons jusqu’à la nature des structures. Nous avons mené une campagne qui en appelait à l’intelligence qui réside en chacun de nous. Nous avons en permanence tâché d’élever le niveau de conscience des gens. Et on nous demanderait de balayer tout cela par une consigne de vote dès le soir du 1er tour, en traitant les électeurs qui ont voté pour Jean-Luc Mélenchon comme des supporteurs captifs ? Non ! Ce sont des citoyens éclairés qui agissent dans une communauté de destin. 84 % ont voté Mélenchon par adhésion au projet l’Avenir en commun, soit le plus haut total et de loin de tous les candidats à la présidentielle. C’est pourquoi nous avons demandé leur avis aux insoumis. Non pas pour donner une consigne de vote mais pour donner un avis qui permettra à chacun, en conscience, de décider du geste démocratique qu’il souhaite poser lors du 2nd tour : Vote blanc ou nul, vote Macron ou abstention. Toujours en cohérence et parce que le vote FN n’est pas pour nous une option, nous n’avons pas soumis cette possibilité au vote. Force est de constater que cette méthode inédite est un immense succès puisque près de 250.000 personnes ont participé, se répartissant globalement en trois pôles égaux. Lire la suite